Prothèse de hanche

La mise en place d’une prothèse de hanche (PTH) est une intervention particulièrement fréquente ( 142 000 / an en France). Les 1° prothèses ont été posées dans les années 60 ( Sir John Charnley, chirurgien anglais).

Elles sont indiquées en cas de coxarthrose, primaire ou secondaire ( ostéonécrose, maladie rhumatismale …), ou sur fracture du col du fémur.

C’est devenue actuellement une intervention courante qui a révolutionnée la vie des patients. L’intervention est de moins en moins traumatisante (CHIRURGIE MINI-INVASIVE) avec des cicatrices de + en + courtes et des suites de + en + simples.

LES INDICATIONS

L’indication la plus fréquente est l’arthrose de hanche (la coxarthrose). il s’agit de l’usure du cartilage de la tête du fémur et du cotyle (le bassin)

L’arthrose peut être primaire (sans cause évidente), ou secondaire à une ostéonécrose, une maladie rhumatismale (polyarthrite rhumatismale …), une dysplasie…

L’arthrose est un vieillissement de l’articulation, qui peut malgré tout apparaitre de façon plus ou moins précoce. Elle peut également être favorisée par une hyper-utilisation ou un excès de poids.

Une autre cause très fréquente (qui augmente avec le vieillissement de la population) est la fracture du col du fémur.

QU’EST CE QU’UNE PROTHESE?

Il existe de nombreux types de prothèses et l’on adapte le type de prothèse au patient.

Une PTH est composée de 3 éléments: la tige, le cotyle et le couple de frottement (insert+ tête)

1- La cupule métallique qui sera impactée dans l’os du bassin,

2-L’insert (en métal, en céramique ou en polyéthylène) qui sera mis dans la cupule,

3- La tête (en céramique ou en métal) qui sera placée sur une tige

4- La tige qui sera placée dans le canal fémoral

. La tige: elle peut être cimentée ( en acier ou chrome-cobalt, elle est fixée à l’os par un ciment acrylique) ou non cimentée ( en titane recouverte d’hydroxyapatite- substance favorisant la repousse de l’os-, elle est impactée directement dans l’os)

                                                                               

La tendance est mettre des tiges non cimentées. Par contre, en cas de mauvaise qualité de l’os, de surcharge pondérale, de fémur particulèrement “large” …, on n’hésite pas à cimenter la tige pour obtenir une bonne stabilité primaire de l’implant. On décide en fait en per-opératoire de la meilleure solution.

. Le cotyle: Il peut lui aussi être cimenté ( en poly-éthylène) ou non ( métallique, éventuellement renforcé par des vis, contenant un insert en poly-éthylène, en céramique)

La tendance actuelle est de mettre des cotyles sans ciment.

. Le couple de frottement: Il s’agit d’un domaine en pleine évolution. Classiquement, on posait un couple métal/poly-éthylène ( “La low friction arthroplastie” de Charnley). Mais le poly-éthylène s’use (200 microns/an) et libère des débris qui sont responsables du descellement des implants par ostéolyse (que la prothèse soit cimentée ou non)

                                                                                     

3 solutions s’offrent alors: améliorer la qualité du PE ( PE hautement réticulé…) pour diminuer l’usure,

                                                          Mettre une tête céramique en regard du poly-ethylène (moins d’usure)

                                                     ou supprimer complètement le PE en adoptant un couple céramique/céramique: l’usure est minime avec une totale inocuité des débris, mais l’alumine (céramique) est fragile avec un risque de fracture (3/10 000).

                                                                                         

. A noter le cotyle double mobilité qui est très en vogue actuellement.

Il a beaucoup d’avantages: moins d’usure du poly-ethylène (d’autant que l’on met une tête céramique), risque de luxation quasi-nul, augmentation des amplitudes articulaires …

                                                                                       

QUAND OPERER?

Lorsque le patient souffre, malgré un traitement médical bien conduit (Anti-inflammatoire, Antalgique, Rééducation, Décharge grâce à une canne, …). Cette douleur s’accompagne d’une raideur, avec boiterie et baisse du périmètre de marche

Attention, il n’existe aucun parallélisme entre la souffrance du patient et les images radiologiques. Le chirurgien opère un patient qui souffre, et non une “belle image” de coxarthrose.

A noter depuis quelques temps la tendance a réaliser des injections d’Acide Hyaluronique sous radiologie (viscosupplémentation) afin de calmer la symptomatologie douloureuse (Comme pour le genou): Mais ce geste est rarement efficace, et repousse de quelques mois la réalisation de la PTH (risque septique)

AVANT L’INTERVENTION

Un bilan  est  nécessaire avant de voir l’anesthésie : Consultation quasi systématique chez un cardiologue (sauf patient jeune), Consultation chez un dentiste en cas d’infection dentaire, Bilan sanguin.

L’ANESTHESIE

Elle peut être générale, ou rachianesthésie.

LE TYPE DE PROTHESE:

On s’adapte au patient (son âge, son activité …) et à la qualité de son os.

1°.Chez le sujet jeune.

– tige sans ciment

– Cotyle sans ciment

– Couple de frottement  céramique/céramique ou cotyle double mobilité avec tête céramique.

2°.Chez le sujet âgé.

– Tige sans ciment ( mais ne pas hésiter à cimenter en cas d’os porotique de mauvaise qualité)

– Cotyle sans ciment ( parfois renforcé par des vis)

– Cotyle double mobilité avec PE et tête céramique

3°.Entre les 2: 60-70 ans.

– Tige sans ciment.

– Cotyle sans ciment

– En fonction du patient (son âge physiologique), cotyle double mobilité ou céramique/céramique.

QUELQUES CERTITUDES:

Le couple métal/métal a été abandonné: risque de réaction pseudo-allergique.

Pas de céramique/céramique en cas de sport violent.

Pas de céramique/céramique chez le sujet âgé.

Intérêt du cotyle double mobilité +++

LES SUITES POST-OPERATOIRES:

Lever à J0 en appui complet avec un kinésithérapeute. Une canne est souhaitable les premières semaines.

Si drains de Redon, ablation à J+1.

Ablation  des agrafes au 15° jour.

Anticoagulant pour 35 jours, en injection sous cutanée (Lovenox…), ou en comprimé (Eliquis …)

Sortie à partir du 3° jours car CHIRURGIE MINI-INVASIVE, moins traumatisante.

Jamais de Centre de rééducation ( éventuellement un centre de convalescence si le patient vit seul)

La rééducation se fera en libéral.

Les consignes anti-luxations sont quasi inexistantes en cas de cotyle double mobilité ou de grosses têtes céramiques.

les consignes post-opératoires: de principe, être prudent durant les 3 premiers mois en respectant  les consignes du livret qui vous est remis durant votre hospitalisation, ou cliquez ici.

 

                                                                 

La conduite est possible à partir du 1° mois avec un siège haut (ou mettre un coussin).

Le sport est possible dès le 2° mois.

Signaler à votre médecin ou votre dentiste toute infection qui doit être traitée au plus tôt afin d’éviter une contamination de votre prothèse.

Eviter les injections intra-musculaires dans la fesse du côté de votre prothèse.

LE LONG TERME.

Le patient retrouve une qualité de vie tout à fait confortable et une fonction quasi normale: il oublie sa hanche!

La durée de vie de la PTH est de 15 à 20 ans , mais il est necessaire de surveiller régulièrement le patient: tous les ans au début, puis tous les 2-3 ans ensuite.

En effet, la prothèse peut ” s’user” (descellement de prothèse), et il faut savoir diagnostiquer cette usure sur les radios de contrôle car les signes cliniques peuvent être absents initialement (cf prothèse de hanche de révision)

Au final, seulement 10% des prothèses seront reprises.

Pour encore plus de renseignements sur la PTH, cliquer ici.